Dans l’épisode 3 de The Future of Learning, Kévin Bouchareb s’est penché sur un signal stratégique en provenance des institutions européennes. Il y a notamment décrypté une initiative encore discrète, mais appelée à jouer un rôle clé dans l’évolution de la formation professionnelle : la Herning Declaration – VET 2030.
Présentée en novembre 2025 cette déclaration a été signée par les États membres, les partenaires sociaux et l’ensemble de l’écosystème européen de la formation professionnelle. Elle définit une nouvelle feuille de route pour l’enseignement et la formation professionnels (Vocational Education and Training – VET) à horizon 2030.
Contrairement à ce que son formalisme institutionnel pourrait laisser penser, la Herning Declaration ne se limite pas à un texte de cadrage. Elle marque une inflexion claire : la formation professionnelle y est repositionnée comme un levier stratégique de compétitivité, d’attractivité et de souveraineté économique européenne. La formation sort ainsi du seul champ social ou RH pour devenir un sujet économique et politique central.
Attractivité et inclusion : sécuriser les parcours professionnels
Premier axe fort de la Herning Declaration : l’attractivité et l’inclusion. L’Europe ambitionne de rendre les parcours de formation plus accessibles, plus flexibles et plus attractifs pour l’ensemble des actifs, tout au long de leur vie professionnelle.
Il ne s’agit plus uniquement de former les jeunes ou de répondre à des enjeux d’insertion, mais bien de sécuriser les trajectoires professionnelles dans un contexte de transformations rapides des métiers. La montée en compétences est désormais perçue comme un facteur clé de résilience économique, tant pour les individus que pour les organisations.
Vers une coopération renforcée et des standards européens
Troisième pilier : la coopération renforcée entre États, entreprises et acteurs de la formation. L’objectif est de dépasser un paysage fragmenté pour aller vers des standards plus homogènes à l’échelle européenne.
La Herning Declaration encourage des financements mieux fléchés, des dispositifs transnationaux et des partenariats plus étroits entre entreprises et organismes de formation. À terme, elle vise à favoriser des référentiels de compétences transposables entre pays, facilitant la mobilité professionnelle et la reconnaissance des compétences.
Ce que cela change concrètement pour les entreprises et le learning
Dans les deux à trois prochaines années, cette déclaration devrait se traduire par des incitations fortes — et parfois des financements — pour :
- développer des parcours professionnalisants prêts à l’emploi,
- investir dans la montée en compétences des publics éloignés ou sous-qualifiés,
- formaliser des référentiels de compétences à portée européenne,
- créer de véritables passerelles entre formation, mobilité interne et emploi.
Avec la Herning Declaration, la formation professionnelle change de statut. Elle n’est plus considérée comme un centre de coût, mais comme un accélérateur de transformation économique, en partie soutenu par des politiques publiques européennes.
Pour les entreprises et acteurs du learning capables d’anticiper ce cadre, l’enjeu est clair : transformer cette vision en avantage compétitif durable.
Un rendez-vous mensuel en ligne, privé et coopératif, animé par Alexia Borg et en partenariat avec Newton Agence pour décrypter le futur de la formation.